Les Hauts de La Réunion (version université 2008)
Les Hauts de La Réunion désignent aujourd’hui, au sens administratif, l’ensemble des espaces situés au‑delà de 600 m d’altitude, mais ils renvoient surtout à un territoire longtemps isolé où se sont forgées des identités culturelles singulières, issues à la fois du marronnage, de l’installation des « petits Blancs des Bas » et des métissages ultérieurs. Cet espace rural, à habitat diffus, a développé une culture propre (langue créole marquée, cuisine, artisanat, vie associative, littérature, toponymes) qui est désormais au cœur des politiques de valorisation patrimoniale et touristico‑économique, notamment depuis la création du Parc national et l’inscription des Hauts dans des dispositifs de labellisation et de tourisme durable
HISTOIRE-LA RÉUNIONPOPULATIONLES HAUTSAGRICULTURE TROPICALEPATRIMOINECULTURE
Stéphane Arnoux & Pascal Picard
3/25/202617 min read


Que sont les Hauts ? Notion divers, dichotomique, les Hauts oppose les Bas. Longtemps, la définition des Hauts étaient aléatoires. Elles déterminaient tous particulièrement le lieu isolé habité d’une population différente à celle des Bas ou le climat et la végétation sont différents. En 1978 une définition administrative est donnée aux Hauts, toutes parties supérieures à 600 m. Cette article a été écrit à l'université de La Réunion en Master 1.
Quelle promotion du patrimoine culturel des Hauts
Identifiant culturel richesse et varié
Les identifiants culturels des Hauts sont riches et variés. Il peut être considéré qu’il est eu deux histoires des hauts qui, un certain moment va se croiser et devenir une.
La première est celle du marronage. Les Hauts ont été le refuge de ses hommes et de ces femmes qui ont fui l’esclavage. Ils occupaient tous les espaces qui auraient pût les protéger des chasseurs de marrons. Il y a très peu d’écrit, voire pas du tout. La retransmission de ces histoires ne ce n’est pas fait ou elle s’est perdue. La présence de ces marronages sont ici ou là dans les hauts présents. Les sépultures sont les rares témoignages. Seul le toponyme reste dans le paysage réunionnais. Ce toponyme a deux fonctions :
1-L’origine géographique du nom donnée
2- Les noms donnés véhiculent un conte qui a bercé de nombreuses générations réunionnaises.
La seconde est celle de la colonisation des Hauts par les blancs des bas. La perspective foncière va disséminer sur tous les Hauts de la Réunions les populations blanches paupériser (De Rau, 1950). Ces hommes et ces femmes vont avec de très maigre moyen tenter de subsister. Tous les espaces cultivables ou difficilement sont occupés par des familles qui agglomérées vont former des quartiers. Vivant de culture de subsistance en priorité, lorsque la force de travail familial était suffisante les productions se diversifiaient en rente comme le géranium, vétiver et d’autres (De Rau, 1950, Ho Hai Quang, 2008). L’élevage petit et gros venait compléter la gamme.
Isolé géographiquement, de nouvelles vies sociales vont se créer. Chaque quartier a adopté un savoir faire qui lui est propre, mais toujours en liaison avec les bas. Le lien reste fort avec les bas (Maison B., 1986), source de produits manufacturés importés, centralisation administrative et d’autres besoins. L’espace fraichement occupé, va rapidement se transformer en espace vécu (di mero). Ils n’y avaient pas que les blancs qui vivaient dans les Hauts. Au milieu du vingtième siècle particulièrement, des familles Cafs, malabar, chinois vont vivres à côté des blancs. Plus tard, la population va évoluer dans ces mœurs et dans l’acceptation de l’autre. Le mélange va s’opérer. Les blancs avec les noirs. Ce brassage apporte la touche finale dans la richesse et la variété de la culture des Hauts.
Ainsi ces quartier, Cilaos Salazie, Plaine des Palmistes, Plaine des Cafres pour les plus connus, mais les Hauts de St Joseph, les Hauts de St Louis, les Hauts de St Benoit, les de St André, de St Marie, de St Denis et ceux de l’Ouest vont développer leurs spécificités exprimées par la langue, le mode de vie, l’artisanat.
La langue caractéristique-littérature
Quel impacte peut avoir la langue sur l’espace ? Est-ce que l’espace peut avoir un impact sur la langue ? Pourquoi pas les deux. Il n’y a pas véritablement des études sur ce sujet, mais des avis partagés, très individualistes. Les Hauts développent dans chaque quartier ses propres expressions, intonation, mais sa racine est créole. Les toponymes rappellent la diversité de la culture. Le tourisme, les productions intensives, la mobilité, la télévision ont influencé l’espace de vie donc sur la langue. Le français par le désenclavement et l’attractivité de ces espaces se superpose à la langue créole. Les transformations sont en cours et se reflèterais peut-être sur l’espace ? Le bâti moderne que l’on retrouve à la Plaine des Cafres, sur la grande ferme et d’autre quartier ne connote plus l’architecture créole longtemps. Les prairies monoculture destinées à l’ensilage ne ressemblent plus aux champs d’autrefois plus variés, spatialisés (De Rau, 1960). Les platanes à certains endroits rappel des lieux de France. Cilaos, Salazie et bien d’autres quartiers ont vu leurs centres ville et les écarts se transformer. De nombreux objets spatiaux sont en mutation profondes.
La littérature est peu nombreuse et complexe à comprendre, parce que nous sommes dans l’imaginaire, l’histoire est complexe et a une influence déterminante dans sa compréhension (M. Beniamino, 1992. V.Magdelaine, 2006). Les Hauts ont été longtemps mis à l’écart de la littérature. Aujourd’hui, une littérature amateure a vu le jour (V. Magdelaine, 2006). Les contes merveilleux dans les paysages des Hauts en toile de fond. Les Hauts l’espace de l’inconnue donc de l’imaginaire. Un vocabulaire propre à cette littérature est utilisé, la langue créole étant souvent son support. La littérature ce concentre sur « le temps longtemps » (V. Magdelaine, 2006) comme dans les bas. Les thèmes portent sur les histoires des plantes, les agriculteurs etc.... Les récits racontent la proximité entre l’homme et la nature, son environnement. Elle se reflète sur la cour, espace de l’esprit créole sur la nature. Cet espace est en danger, il faut la protéger. Il casse l’équilibre entre l’homme et la nature. L’espace se bétonne. En parallèle, cette destruction est ressentie de la même manière pour la langue, la littérature qui se dénature par la francisation de toute l’espace (M. Beniamino, 1992).
habitat, le rapport insertion dans l’environnement
L’habitat est à la base, le lieu où l’ancêtre a travaillé la terre pour nourrir sa famille sur les concessions de l’état, comme à la Plaine des Palmistes ou de diverses manières, dans les autres quartiers. Ce rapport à la terre reste encré dans les générations qui viennent. La cour est souvent son expression visuelle à cet attachement terrien, qui servait aussi aux petites plantations personnelles. Cette vie qui fût rude, sonne un grain nostalgique aux générations présentes. Dans les différents quartiers le monde rural est prédominant, c’est la première cause de l’insertion de l’habitat dans l’environnement, dispersé. L’habitat traditionnel est constitué de pièces dont certaines sont séparées du bâtiment principal (P. Cohen, 2000). La fragmentation parcellaire dût à l’héritage successive de génération en génération est la cause principale de l’insertion de l’habitat dans l’environnement. Les gens ne voulaient pas perdre ce bout de nature liée au souvenir de la guerre, auquel les Hauts connurent un douloureux enclavement à toutes les échelles. La cour a été les lieux de survies alimentaires pour la plus grande majorité des gens, a cela s’ajoutait la chasse dans la forêt.
Occupation de l’espace : lâche, diffus
L’occupation de l’espace est comme la position de l’habitat, diffus et lâche. Deux fonctions occupent cet espace :
L’habitation :
L’héritage par parentèle, une volonté forte de ne pas se regrouper sont spatialisés par un habitat lâche et diffus. Aujourd’hui, des centres villes se sont constituées et densifier, mais la tendance reste la même, lâche et diffus. La relation de l’habitat par rapport à l’environnement est intimement lié. La culture se reflétant sur son espace. Les Hauts sont un exemple conceptuel.
Les cultures :
Les familles étaient des paysans dans sa quasi-totalité, l’espace était travaillé. Les productions donc l’espace travaillé faisait partie de l’habitat.
Les cultures étaient fragmentaires. Le défrichage était réalisé par brûlis. Différentes productions étaient mises en place en fonction des besoins et de la capacité de réaliser plusieurs productions en même temps (force de travail). Généralement les habitations avaient des animaux, poules, canards et bovins pour le fumier.
Mode de vie : art culinaire, coutume et tradition
Une des spécificités des hauts est l’art culinaire. Sans vouloir se répéter, chaque quartier à sa propre spécialité liée à ce qui pousse dans les champs et à ce que l’on trouve dans la nature, mais aussi lié aux saisons (Cohen P., 2000). Il y a les aliments d’origine végétale et d’origine animale.
Les ingrédients utilisés en cuisine correspondent à ce que les gens ont et développe dans leurs quartiers (Valentin Marc, 1981). Plus ou moins on retrouvera les mêmes légumes et viande dans tous les hauts, d’autres seront spécifiques. A la Plaine des Cafres, sur les Hautes terres du volcan, durant les transhumances ou les surveillances des cheptels, les hommes devaient chaque jour trouver leurs mangés. La forêt fournira la plupart de leurs plats durant des semaines. A leurs cases à la Plaine des Cafres, à la grande ferme, la récolte en viande bovine, le petit bétail, les cultures la cour, le cari quotidien étaient leurs lots quotidiens.
Depuis une décennie, les caris des hauts a changé. Les légumes « longtemps » ont disparu des plats, ce qui va rétrécir le champ culinaire. Comme pour la langue, l’habitat, le paysage, il y a une uniformisation par la francisation. Des producteurs fabriquent des foies gras, magrets de canards et autres spécialités françaises créolisé ou à l’inverse spécialité créoles francisé.
Mais l’image de la cuisine des Hauts est liée à la qualité du produit. Les réunionnais sont à la recherche de l’authentique jusque dans les produits d’élevage. Les Hauts véhicules cette image de nature, d’authenticité. La Sica Rivia, coq d’or utilise cette argumentation publicitaire. Les Hauts sont devenus un gage de qualité. Le cari des Hauts est entré dans la coutume et la tradition. Le carry tang est l’un de ses emblèmes.
Spatialement, deux pièces déterminent la cuisine, une à l’intérieur, équipé des objets modernes et une à l’extérieur à l’arrière de la cour au feu de bois.
Tous comme la littérature, le langage, l’habitat peu d’étude sont réalisées, mais je rappellerai ce que disait cet imminent auteur : « Ainsi peut-on espérer découvrir comment la cuisine d’une société est un langage dans lequel elle traduit inconsciemment sa structure, à moins que, sans le savoir davantage, elle ne se résigne à y dévoiler ses contradictions » Claude Lévi Strauss-L’origine des manières de table 7è partie, 2.
Artisanat
L’artisanat dans les Hauts est confidentiel et difficilement évaluable sauf pour l’artisanat du BTP. La Réunion dans son ensemble au point de vue économique a focalisé toute son énergie sur la production de la canne occultant les autres segments économiques comme l’artisanat. Les Hauts par son isolement, l’artisanat se développa de manière individuelle ou collective (rarement) mais limité spatialement. Cela est lié à de nombreux problèmes de liaison et d’information avec le reste de l’Ile.
Quelques spécificités ont bénéficié une reconnaissance régionale voir national comme la broderie à Cilaos. Une femme au 19ème siècle initia des générations de femmes : c’est artisanat d’art, qui fit école et retransmis de mère en fille de voisines à voisines. Aujourd’hui, cet art est reconnu. Pourtant, cela ne suffit pas. Le développement reste limité, malgré les aides et les politiques existantes.
L’arrivée d’une population émigrée chinoise et indienne impulse une dynamique artisanale dans les Hauts particulièrement à travers la « boutique chinoise ».
L’artisanat est végétal, chapeau, sac etc. Il n’est pas très nombreux charbon de bois et d’autre métier disparu pour certain. A la Plaine des Cafres, les femmes fabriquaient la laine.
Je rappelle les avancées historiques sur la structuration de l’artisanat dans les Hauts :
1986 : loi Pons défiscalisation. Pourquoi ?
Condition d’approvisionnement peu avantageuse manque de matière première.
Coûts de production.
Les aménageurs et l’artisanat manque de communication.
1991 : création de l’OPARCAT (opération programmée d’amélioration et de rénovation du commerce, de l’artisanat et du tourisme. Chambre des métiers (chambre consulaire CFA).
La structuration et la densification des agglomérations existantes sont un des grands principes du SAR par la structuration des centres bourgs, la programmation volontariste d’équipements structurants, une approche par quartier de l’aménagement spatial préservant un cadre de vie compatible avec le tissu social existant, le Plan d’aménagement des Hauts (PAH), tous cela soutenu par le FEDER fond européen de développement régional.
Encrage géographique : comment l’hô s’enracine dans cet espace ? La reconnaissance de l’environnement
L’ancrage géographique est avant tout historique. Les Hauts deviennent l’exutoire des bas. Sans rien, totalement démunies, les familles vont devoir se débrouiller pour vivre. Sans moyen, au fil du siècle, les Hauts vont se construire. Cet enracinement de l’homme se méritera par des efforts colossaux. L’élevage à structuré le paysage d’aujourd’hui. L’agriculture est l’axe majeur de ces régions. Ce qui est une évidence, tous groupes humains qui s’installent dans un espace, s’approprient cet espace (Di Méo, 1998). Que nous soyons au cœur de la Sibérie, au milieu du Pacifique etc. L’homme s’enracine.
Donc, que veut dire la reconnaissance de l’environnement ? Pas grand-chose. Cette question sonne plus à une mauvaise publicité de la Région Réunion sur le développement durable ou l’homme réunionnais reconnaît l’environnement depuis la naissance. Ceci est d’un raccourcie franchement débilisant et peu scientifique. Si la Réunion est à ce niveau aujourd’hui cela est dû aux différentes politiques à marche forcée de l’état et de la Région (qui n’est pas négative, mais au contraire positive). Pour des aspects historiques qui seraient trop long à expliquer, la population à effectivement une forte sensibilité vis-à-vis de la nature, mais il ne faut pas oublier, il y a plus de dix ans les pratiquent ne favorisaient pas du tout l’environnement (l’état des ravines, les gens qui jetaient leurs déchets par la fenêtre de leurs voitures etc…).
L’environnement est une affaire économique ou la sensibilité de la population favorise son installation. Demain il n’y aurait plus de financement sur la protection de l’environnement à toutes les échelles que les ordures reviendraient. Donc nous ne naissons pas écologiste, même à la Réunion, mais la société se modernise et grâce à un état fort, les politiques des encombrants sont de plus en plus performant. Le rapport avec les objets de consommation sont-elles que si l’état, les régions, les départements n’organisaient pas de manière complexe et sérieuses, notre société se transformerait en véritable poubelle et c’est ainsi, que l’on a une âme verte depuis la naissance ou pas. La société génère une masse considérable de déchet que seule une organisation complexe peu gérer.
La démarche de la valorisation
Une démarche culturelle à caractère, réhabilitation des lieux de mémoire, villages de caractère
Depuis plus de 10 ans une forte orientation impulsée par la région, portée par l’Europe ont permis aujourd’hui de mettre en avant les plus beaux lieux des Hauts de la Réunion en relation avec l’humain (culture, histoire etc…) et l’environnement (parc National, aménagement privée etc…). Cette démarche est issue d’un long mouvement politique pour désenclaver les Hauts. Temporellement, cette démarche a commencé en 1860 avec les premières politiques de valorisations des Hauts, pour atteindre en 2010 son apogée. Oui, il a fallu un siècle et demi. Cela est peu, mais le pari est réussi. Qui aurait pu imaginer à cette époque que les Hauts allaient devenir ces zones urbaines sophistiquées. Les communes ont tous les équipements les plus modernes doublés de la beauté architecturale et paysagé. Cette appropriation est une affaire individuelle, comme la cour est l’espace privé et c’est la cour et l’habitat qui donnent toute cette dimension si particulière d’une intégration de caractère. Mais cette face est celle de ceux arrivés après 1860. Avant cette date, d’autres femmes et hommes ont occupé ces espaces. En nombre limité, l’impact spatial se rattache au toponyme. Quand on l’associe à l’histoire, cela donne aux toponymes une autre dimension. Cilaos, Salazie, Mafate, Cimendef etc… Des noms mythiques associés à l’autre communauté vont, peut être donnée cette image presque mystique de ces espaces et de ces hommes. On peut diviser en deux parts la politique historique dans l’économie actuelle :
1-le réseaux villages créoles résultent de cette volonté. Elle porte l’histoire, la culture des Hauts après 1860.
2- Se rajoute, la réhabilitation des lieux de mémoires, qui rentre dans le cadre de la réappropriation de l’histoire de l’Ile par les réunionnais. Du moins, ceux qui ont accès à cette culture. En 2009, la venu du fils de Mandela dans la commune de St Louis montre à quel point l’histoire est mise en avant réhabilitant dans la foulée les Hauts.
Cette phase de la réhabilitation par la population est récente et en pleine dynamique. Comme pour les autres sujets et sans vouloir se répéter, peu d’étude existe voir pas du tout. Mais la tendance existe et marque cet espace en profondeur actuellement et est la motivation des gens des Hauts.
La promotion de l’âme du terroir (renouveau), vivier (région réunion-production pays)
La promotion de l’âme du terroir est motivée économiquement. Le fort taux de chômage, l’impossibilité d’industrialiser en masse la réunion, l’échec de la canne ont orienté toutes les politiques à diversifier la demande des Hauts par rapport à l’aspect touristique. Les décennies de lutte, la pression de la francisation on pût affirmer et déclencher la recherche du passé. L’état par la décentralisation comprend l’échec retentissant de sa politique et par une volteface (changement de génération), comprend que c’est par la culture, le tourisme à peut-être ses chances. Des aides sont distribuées aux privées pour restaurer leurs cases créoles, les communes enchainent travaux paysager sur travaux paysager, aménageant les centres villes et les écarts. Un contre-pied publicitaire est mis en œuvre ce que le créole ressent en lui-même, l’image de la qualité, de la vie saine et des produits agricoles. Bien sûr, des gens adeptes des Hauts vont, par amour de ces espaces, de ses hommes et des histoires faire que les Hauts soient reconnus à part entière, comme étant un des patrimoines de la Réunion. Il faut dire que l’opération est une réussite. Rien de tel, aujourd’hui d’admirer ces villages ou l’âme du terroir est ressenti comme une évidence, même modernisé.
L’agriculture est directement concernée à cette politique économique. Cela est dût à la tradition agricole diversifié qui casse la monotonie de la canne du pourtour littoral. Créatrice d’emploi, combiné à la culture et au tourisme, la région Réunion accompagnée par l’Europe donne un véritable souffle et pérennité comme région moteur réunionnaise.
L’inscription dans la globalisation à travers de l’économie touristique (la recherche de nouveaux territoires porteur de la spécificité par les promoteurs)
Depuis la création du Parc National, les Hauts sont passés à un nouveau stade. Le statut de parc internationalise tous l’espace. Le volcan est l’un des moteurs essentiels. La complexification du tourisme international à put mettre en avant la culture, le patrimoine des Hauts. C’est dans l’air du temps. Les différents évènements mondiaux ont changé la manière de faire du tourisme. L’exigence est de mise. Ainsi, la mode se compose de plusieurs ingrédients auquel les Hauts ont misé : Culture, patrimoine, biodiversité, exceptionnalité, labélisation.
Pourtant, en 2006, la crise sanitaire du Chik révèle toutes les failles de ce tourisme. L’entrée du Parc National en 2008 n’arrange pas la situation et ont même tendance à complexifier le développement de ces espaces. Au sein même de la structure d’énorme incohérence freine sa mise en place.
Ainsi l’entrée est culturelle et cette exploration est faite grâce à la classification ou à la destination de ces espaces. Par ce biais la culture des Hauts vient au secours de l’éco tourisme. Cela va dans une volonté économique, développant ainsi le marketing touristique des lieux. La classification patrimoine de l’humanité UNESCO sera la grande vitrine publicitaire pour les Hauts.
Les nouveaux regards sur les Hauts : du repoussoir à l’exotisme
Les Hauts reconstruisent par : littérature, média, musique
La musique, les médias et la littérature ont été un fort soutien aux politiques mises en place. Des groupes comme Ziskaken, naessayé, oussanousava, Pat Jaune, Kaskavel et bien d’autres ont dans leurs chansons mis en avant les hauts, la nature de ces lieux et le mysticisme qui y dégage. La BD avec Ti burce, l’histoire du petit yab des Hauts rajoute une touche graphique de ces lieux. L’émission de Gille Mallet « par les o et par les bas » est la vitrine de ses hommes et de ces espaces. Le documentaire sur le dernier cow boy du volcan a permis de montrer au monde par le canal Tempo (la 5) l’histoire des hommes du volcan, documentaire récompensé par un prix international de Durban en 2006. Les Hauts inspirent les artistes. Tous cela permet aujourd’hui de légitimer l’histoire et vient compléter les politiques de valorisation architecturale, paysager, culturel pour finir la boucle.
Les Hauts perçu par les bas
La nouvelle frontière de la tradition, de l’authenticité. Les Hauts sont dans l’imaginaire, pour les gens des bas. C’est pour eux l’espace de qualité de vie, des produits, du souvenir. Une histoire différente de celle de l’esclavage, ce qui permet pour beaucoup d’embellir ces Hauts. Mais pour d’autre, ces lieux sont ceux de l’inconnu, du petit blanc, dur et sérieux, font peur. Les rapports d’une association d’insertion des jeunes en très grandes difficultés (dans les zones urbaines littorales) montrent cet aspect des Hauts par les jeunes lors des entretiens en groupe.
La Réunion pour ces lieux passe par des pratiques, fréquentation, les tables d’hôte, marché les contes. Alors, les gens des bas, avec la démocratisation de la voiture et la construction viaire de plus en plus performant, découvre et profite de cette proximité pour décompresser du stress des bas. Les différentes études montrent l’intérêt pour les sorties de Week end sur les kiosques des routes forestières des Hauts. Les tables d’hôtes profitent aussi de ces afflux hebdomadaires ainsi que les centres de loisir anciennement Forestia à la Plaine des Palmistes et d’autre au Maido.
La perception vécue par ces habitants :
Dans les Hauts de nombreuses associations œuvrent pour la culture et le patrimoine des Hauts, quel que soit le quartier. On retrouve tous type d’association, musique, politique, culturel, l’agriculture à elle aussi une grande place, du point de vue du tourisme avec les associations guides pays, certain gîte se sont regroupées en réseaux associatifs bref… la population des Hauts est fortement sensibilisée. Ils seraient intéressants qu’il y est une étude sur tous les aspects de cette vie associative et de quelle manière elle a un impact sur l’espace. Des évènements comme « Miel vert » à la Plaine des Cafres ou « Florilège » au Tampon et bien d’autre dans les quartiers des Hauts valorise a travers sa population cette culture actuelle.
Malgré l’explication de la perception vécue par ces habitants demandent une étude approfondie. Les Hauts sont un monde complexe parce qu’il est multiple. La perception, qui est mentale et sociale (Bourdieu) demande un travail considérable afin de pouvoir faire le point, parce qu’à partir de cette perception qu’elles sont « le poids entre les rapports sociaux, des habitudes, des rites, des mœurs et des croyances, bref de la culture » (Di Méo). La relation fonde le territoire comme la territorialité. Vaste question.
Bibliographie :
- B. Maison, 1986. Economie informelle en zone rurale défavorisée, les Hauts de l’Ile de la Réunion. Thèse de 3ème cycle d’urbanisme, Aix Marseille 3.
- Programme Culture empirique et identité culturelle à la Réunion. CNRS, 1988.
- M. Valentin, 1982 La cuisine réunionnaise.
- P. Cohen, 2000. Le cari partagé. Karthala.
- P. Geisse, 1996. L’artisanat et la structuration des bourgs. DESS gestion des collectivités locales. Université de la Réunion.
- P. Vatin, P. Mugnier, J.M Elliautou, 1980. Animation du milieu artisanal à la Réunion.
- V. Magdelaine, C. Marimoutou, 2006. Le champ littéraire réunionnais en questions. Economica, Paris.
- M. Beniamino, 1992. L’imaginaire réunionnais. Edition du tramail. Saint Denis.
- G. Di Méo, 1998. Géographie sociale et territoires. Nathan, Paris.
- P. Bourdieu, 1979, La distinction. Les éditions de Minuit, Paris.
- P. Bourdieu, 1980, Le sens pratique. Les éditions de Minuit, Paris.
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- D. Delcour, 1993. Des hommes et des volcans. Edition delcour. Marseille.
- G.Wakermann, 2005. Géographie du développement. Paris: Ellipse.
- M. Payet, 2006. La route du volcan : un système du tourisme et des loisirs. Édité par Université de la Réunion. St Denis, Réunion. 146.
- R. Robert, 1996. Les paysages naturel de la Réunion. Édité par Université de la Réunion Faculté des lettres et sciences humaines. St Denis: CREGUR.
- R. Amirou, P. Bachinon, 2000. Le Tourisme local : une culture de l’exotisme. Paris: L’Harmattan.
- COMMISSARIAT À L’AMÉNAGEMENT DES HAUTS (CAH), 1990. Aménager les Hauts. APR, région Réunion. Plaquette de présentation.
- M-G.Dalama, 2005. L’île de la Réunion et le tourisme : d’une île de la désunion à la Réunion des Hauts et Bas. Espace géographique.
- J. Defos du Rau, 1960. L’Ile de la Réunion, étude de géographie humaine.
- A. Bourquin, 2005. Histoire des petits blancs de la Réunion. Karthala.
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